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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

LE CADAVRE EXQUIS 2.0

Publié le 30 Avril 2009 par Vincent Schlegel in Amour


Nous sommes le 1er mai. Je vais donc vous donner du travail : c’est sa fête. Dans un post précédent, je vous avais averti(e)s qu’un jour, on jouerait ensemble au cadavre exquis. J’ai donc imaginé le début d’une petite histoire. A vous de la continuer, en utilisant la fonction  "Commentaire", puis en enchaînant sur le commentaire du commentaire précédent. Je modérerai tout ça en intégrant à l’article ce que vous aurez écrit. Si ça marche, ça peut être assez drôle. Merci de n’écrire que des choses que n’aurai pas honte de publier. Une histoire belle, profonde, de portée universelle. Avant de vous amuser, et à propos de cadavres exquis, regardez cette vidéo conçue et tournée par un ami de mes grands fils : http://www.dailymotion.com/video/x91zin_le-jour-du-permis_creation .

 

Voici maintenant l'amorce de l'histoire

Ségolène est une jeune femme qui, depuis toute petite, a voulu faire de la politique. Elle a reçu une éducation très comme il faut dans une famille de militaires catholiques. Des gens tout à fait respectables. Mais, un peu comme Sœur Sourire, qui, pour échapper à la noirceur et à la froideur d’une vie passée près du fournil brûlant et blanchi par la farine de son père boulanger à Wavre (Wallonie), s’est faite nonne puis chanteuse à succès (pour rigoler http://www.dailymotion.com/video/xx51h_soeur-sourire-dominique_music  ), Ségolène a décidé de se sortir d’un carcan bien trop rigide pour elle et de faire, en tout bien tout honneur, don de sa personne à la France. Une Jeanne d’Arc, un peu, avec ses voix. Suffisamment de voix pour peser dans l’action publique, pas assez pour être élue au poste de reine. En fait, le problème de Ségolène, c’est que, de son éducation catholique, elle a surtout retenu la posture christique, voire charismatique, et hérité d’un sens terrible de la culpabilité… des autres.  Elle porte sur ses épaules, à défaut de ses erreurs à elle,  toutes celles de ses proches (son ancien jules), de son parti, de son pays, du président de son pays, de son appartenance ethnique, de l’espèce animale à laquelle elle appartient, de sa planète, de sa galaxie. Vous voyez le genre de poids ! D’un autre côté, ça muscle, et ça occupe. Et ça vous positionne sur l’échiquier politique, d’un sens.

Donc Ségolène, l’autre jour, jouait au tarot pour se détendre, avec trois amis blancs comme neige, qui n’avaient jamais rien fait de mal, jusque là, et dont elle n’avait aucune raison de parler à personne. Enfin le croyait-elle. Confortablement assise, un petit verre de pineau des Charentes  dans une main, dix-huit  cartes de tarot dans l’autre (essayez !), elle constata qu’elle avait deux bouts. Elle décida donc…

 

...que le temps était venu de prendre. Prendre le chien dans ses bras pour essayer d'en faire quelque chose. C'est ça la démocratie participative, on a tout un tas d'idées, faces cachées dans la tête des gens, de la plèbe, de ceux qui sont toujours la cible d'une garde sans ou pire d'une garde contre. Et bien Ségo elle garde. Pas une petite la Ségo. Elle prend le chien dans ses mains, et elle découvre... pas grand chose. Pas de roi, une dame de Pique qui ressemble à sa copine Martine, un valet moche comme un pou, pas d'atout supplémentaire et 3 cartes médiocres qui ne changent pas son programme. Avec tout ça il va falloir réussir 2012 points. Elle prend une posture digne, rigide mais maternelle et s'apprête à reposer son chien quand soudain...   (Jean-Philippe)


 ... le chien se met à aboyer sauvagement sur l'air d'un à qui on le fait pas. Surprise, Ségolène lâche toute la main qu'elle avait dans la sienne gauche et qui va s'éparpillant sur l'échiquier politique s'agitant sur le tapis. Un tarot sur un échiquier, voici qui fait désordre dit le roi Nicolas, de passage en Charente ! La reine Carla, belle comme à son habitude, qui flanquait -en courbant un peu son long dos de dauphine-, son prince souverain, lui dit "Mon amoureux, cette dame qui s'excuse à tout va, vient de la lâcher, cette excuse, sur votre échiquier déjà bien encombré. Peut-être devriez-vous la Hadoper ?". Ségolène s'ébroue : "Pardon, je rêvais, dit-elle à ses partenaires, excusez -moi, je vous en prie et reprenons demain cette partie ! Car voyez-vous à présent il faut de toute urgence que j'aille...  (Estelle Schlegel)

… faire mon sol. Elle se leva de table et se pencha vers son … (Schlegel)

… son voisin de gauche pour lui glisser à l'oreille :"Vous avez une petite tache là...". L'homme, un grand échalas imberbe mais de belle stature, vêtu d'un incroyable costume à larges carreaux noirs et blancs et que chacun appelait Sol depuis toujours (allez savoir pourquoi : lui-même ne se le rappelait plus), déroula sa plate silhouette et répondit : "oui, merci, j'ai reçu le contenu d'un verre de vin au déjeuner. Un peu de votre détergent PourSol devrait suffire". Armée de sa serpillère et d'une petite brosse, Ségolène se mit à frotter tout de go. "Quelle misère, pensait-elle, pour une personne de ma qualité d'être obligée de nettoyer ce Sol qui franchement ne me facilite pas la tâche ! Toujours étalé là, à ne rien faire, toujours plus ou moins crasseux, alors que j'ai tant de beaux voyages d'excuses à organiser, heu, d'études...". Plantant là ce sol crasseux et sans charme, elle posa sa brosse et décida...                                                              (Agapanthe)


… de prendre en main sa bravitude sans controverse afin d'appliquer au plus offrant les fruits de son savoir mutin. Elle prit une rose, les doigts délicatement placés entre deux épines, et posta son nez en attente d'effluves salvatrices. Les yeux fermés elle se figea, la trompette en érection olfactive et la mèche faussement jeune. Elle fredonna l'air des bijoux perdus, extrait du Faust, espérant par ce subterfuge anatomique accélérer le processus. Mais au moment ou Sol entra en scène, juste entre le fa dièse et le do bécarre, l'abeille Dominique,  aux bourdonnements wagnériens et aux bourrelets œdipiens, vint lui piquer le nez (J'ai écrit "Piquer") (NDLR). Ségolène sursauta, fit retentir cinq lettres de mauvaise augure et retombi sur le derrière, "Pouf", cela fit-il.
Elle s'excusa de ce bruit amer et sans odeur avant de lever la tête. L'abeille, honteuse et confuse, avait disparu. Seul Sol restait en l'air, entre deux eaux, pris entre deux logiques, celle de d'être à sa place et celle d'être dans l'évanouissement d'une mélodie où l'extase prédominante aurait du inciter à davantage de ... (Emmanuel Pleintel)

...sérénité, mais rien n'y fit. Remontant ses cheveux en un chignon savant dont il avait le secret, Sol se leva, reboutonna sa veste à carreaux, arracha de sa poche la serpillère que Ségolène avait discrètement déposée et, sautillant comme à l'accoutumée avec sa patte folle, s'approcha du...                                                                       (Schlegel)

… réverbère contre lequel il urina longuement en sifflotant un vieil air de bleues. Puis d'un geste preste mais soigneux qui sentait l'habitué, il nettoya l'objet dûment arrosé avec la serpillère de Ségolène. "Je t'en fais cadeau, fais-en bon usage, avait-elle dit en refermant la porte sur lui un instant auparavant". Sol sentant dans sa poche le dernier livre de Paul Auster, se posta dans l'encoignure d'une porte cochère et attendit la sortie de John Lennon. "Non, zut, se dit-il soudain, celui-là, c'est déjà fait. Qui d'autre dois-je nettoyer déjà ? Voilà que j'ai oublié". Dépité, il quitta sa cachette et fila demander à...                                                                                                                  (Estelle Schlegel)

… sa cousine adorée pourquoi les livres de Paul Auster sont devenus l'un après l'autre, on dirait bien, de moins en moins emballants.
Cheminant avec une revigorante tortillance du croupion, elle en comprit tout à coup la raison :  (Grand Paradi)

"New-York n'est plus ce qu'il était!" Devant l'évidence de ce constat, Sol proposa à Ségolène d'installer une réplique de la Statue de la Liberté en plein épicentre du Poitou-Charente (En vérité, Sol rêvait d'une conversation avec Paul Auster au sommet de la torche).A cette idée, Ségolène manifesta une joie toute enfantine, voire un peu niaise, et embrassa Sol sur le carrelage. Malheureusement, les alliances politiques ne sont pas toujours à la hauteur des destins grandioses et le pauvre dut se résoudre à mener campagne jusqu'à une total absence d'ambition. Il acheta à Montmartre une réplique en fer de la Tour Eiffel et l'envoya par Chronopost avec ses mots écrits en lettres d'or: "                                       (Emmanuel Pleintel)

"A Poloster, l'écrivain le moins emballant de sa génération". Ceci fait il se gratifia d'une bonne dose de barbapapa à la pistache et décida de prendre un billet pour l'Inde où vivait sa cousine adorée. Malheureusement Ségolène l'attendait au tournant (c'est très tortueux le Poitoucharente), il la dépassa en trombe, ne s'excusa pas (elle accusa le coup et dut ensuite s'excuser auprès de celui-ci de sa part) et attrapa de justesse le vol pour l'Inde. Hélas, l'avion était plein de...                              (Estelle Schlegel)

cousines adorées qui rêvaient d'en découdre et de se laisser tomber lourdement sur ce Sol. Il regretta de n'avoir pas emporté la serpillère de Ségolaine qu'il avait laissée en paiement de ses barbapapas, n'ayant plus un flèche en fouille. Se faisant bonanmalan une place parmi les cousines adorées, il se plongea dans la contemplation du livre de Poloster. "ben oui, se dit-il, puisqu'on ne peut plus le lire tant il est devenu mauvais, autant le contempler. Qu'il serve à quelque chose au moins ce saligaud de Polo !" L'avion amorçait déjà sa descente sur Calcutta et Sol se fit la reflexion que l'Inde était de plus en plus proche, se disant qu'il faudrait qu'il en parle dans son intervention au Congrès de...   (Agapanthe)

...de La Serpillère Molle et Charentaise, la SMC. Tandis qu'il jetait un oeil sur le dernier Tarun J Tejpal, l'autre sur l'accablante quatrième de couverture d'un Poloster inconnu, et qu'il s'accrochait à son siège, car Sol craint toujours la descente (de lit, d'organe, de police, de Croix), il tourna le troisième vers sa cousine la plus adorée, dite Adulay et lui confia que...                                                    (Schlegel)  

si elle était bien aimable, il pourrait lui prêter le quatrième.La cousine en fut toute affolée et prévint aussitôt le président de la Charentaise en zig-zag, dont un des représentants était justement en Inde afin de tenter une alliance avec la Serpillère Molle tendance Chandernagor, que tant que Sol ne finirait pas de descendre elle resterait accrochée à ses certitudes.Enfin, après quelques négociations houleuses, Sol se toucha et la cousine adorée tomba, n'étant plus accrochée à rien."Ainsi va la vie", commenta un intouchable qui n'en était pas à sa première...                           (Emmanuel Pleintel)  

toucherie (il avait touché très tôt et parfois même dès le premier soir !). Un peu agacé de tout ce charivari, Sol interpela le pilote de l'avion sans aménité et lui déclara que :  primo, il était quand même détenteur d’un Morceau de la Vraie Serpillière, fallait pas l’oublier, et que secundo, il pensait qu’il serait tout de même normal (merde quoi !) de ranimer la flamme du Poloster Inconnu. La meilleure façon étant sans doute de le lire. Il ouvrit donc l’ouvrage dont la couverture s’ornait d’une très belle photo d’Adulay. Et voici ce qu’il lut :
       
   (Estelle Schlegel)

"Longtemps je me suis touché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient bien vite. Mon Adulay adorée avait beau m'aciduler l'esprit de ses mots dilués, je ne résistais pas. L'austère nuit m'envahissait. Je rêvais alors de polo. monté sur un cheval surnommé Taro, dressé par le père de Ségolène. Un bout dans la main, je frappais la boule avec parcimonie, maniant l'excuse avec vigueur et l'atout avec un petit rien de mélancolie socialiste. Tout était rose autour de moi. Un flamand volait, un autre votait, un troisième demandait pardon au nom du quatrième tandis que le cinquième était atteint. L'ascenseur s'arrêta. La porte grinça. Adulay hululait. Ce qui me réveilla."
Ainsi se terminait le premier chapitre.
Sol referma le livre et contempla un instant son morceau de Vraie Serpillère, suscitant la jalousie de l'intouchable. Une larme amère suinta, salée plus que sucrée, qui, à force de suinter, tomba sur...                                                               (Emmanuel Pleintel)

le front de Lewis Caroll, assoupi au pied d'un arbre ! "Mais qu'est ce que c'est que cette histoire s'écria-t-il, ce n'est pas du tout ce que j'avais envie de raconter ! Ségolène, Sol, Adulay, Poloster, mais qui sont ces gens ? Non, Alice, le Lapin blanc, la Reinc de Coeur, d'accord, parlez-moi de ça plutôt ! Là, oui, je prends la plume ! Mais une histoire de Serpillière, non... vraiment, sans façon. Excusez-moi, gens de demain, je suis en retard, en retard, j'ai rendez-vous pour le Thé chez le lièvre de Mars".   (Estelle Schlegel)



FIN


Merci à toutes et tous pour ce remarquable travail!

 

 

Commenter cet article

schlegel 07/05/2009 22:43

c'était exquis ! on en veut d'autres !

estelle 07/05/2009 13:21

le front de Lewis Caroll, assoupi au pied d'un arbre ! "Mais qu'est ce que c'est que cette histoire s'écria-t-il, ce n'est pas du tout ce que j'avais envie de raconter ! Ségolène, Sol, Adulay, Poloster, mais qui sont ces gens ? Non, Alice, le Lapin blanc, la Reinc de Coeur, d'accord, parlez-moi de ça plutôt ! Là, oui, je prends la plume ! Mais une histoire de Serpillière, non... vraiment, sans façon. Excusez-moi, gens de demain, je suis en retard, en retard, j'ai rendez-vous pour le Thé chez le lièvre de Mars". FIN

Vincent Schlegel 07/05/2009 14:36


Bravo et merci à tous


Emmanuel Pleintel 06/05/2009 18:57

"Longtemps je me suis touché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient bien vite. Mon Adulay adorée avait beau m'aciduler l'esprit de ses mots dilués, je ne résistais pas. L'austère nuit m'envahissait. Je rêvais alors de polo. monté sur un cheval surnommé Taro, dressé par le père de Ségolène. Un bout dans la main, je frappais la boule avec parcimonie, maniant l'excuse avec vigueur et l'atout avec un petit rien de mélancolie socialiste. Tout était rose autour de moi. Un flamand volait, un autre votait, un troisième demandait pardon au nom du quatrième tandis que le cinquième était atteint. L'ascenseur s'arrêta. La porte grinça. Adulay hululait. Ce qui me réveilla."Ainsi se terminait le premier chapitre. Sol refarma le livre et contempla un instant son morceau de Vraie Serpillère, suscitant la jalousie de l'intouchable. Une larme amère suinta, salée plus que sucrée, qui, à force de suinter, tomba sur...

Vincent Schlegel 06/05/2009 19:45


Exceptionnelle contribution.


estelle 06/05/2009 17:03

toucherie (il avait touché très tôt et parfois même dès le premier soir !). Un peu agacé de tout ce charivari, Sol interpela le pilote de l'avion sans aménité et lui déclara que :  primo, il était quand même détenteur d’un Morceau de la Vraie Serpillière, fallait pas l’oublier, et que secundo, il pensait qu’il serait tout de même normal (merde quoi !) de ranimer la flamme du Poloster Inconnu. La meilleure façon étant sans doute de le lire. Il ouvrit donc l’ouvrage dont la couverture s’ornait d’une très belle photo d’Adulay. Et voici ce qu’il lut :

Emmanuel Pleintel 05/05/2009 13:32

si elle était bien aimable, il pourrait lui prêter le quatrième.La cousine en fut toute affolée et prévint aussitôt le président de la Charentaise en zig-zag, dont un des représentants était justement en Inde afin de tenter une alliance avec la Serpillère Molle tendance Chandernagor, que tant que Sol ne finirait pas de descendre elle resterait accrochée à ses certitudes.Enfin, après quelques négociations houleuses, Sol se toucha et la cousine adorée tomba, n'étant plus accrochée à rien."Ainsi va la vie", commenta un intouchable qui n'en était pas à sa première...