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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

D’AUTOMNE, DIVERS, ET D’EXASPÉRATION

Publié le 8 Octobre 2012 par Vincent Schlegel

 

Tiens ça me reprend. Il faut dire que l’actualité est riche. Que les sujets ne manquent pas. Que le redressement essaie d’être productif. Que Montebourg monte au créneau. Qu’Hollande baisse dans les sondages. Que Sarkozy, le sourire en coin, écoute sa barbe pousser et ses anciens adepgif idefix pucestes se partager son héritage à coup de formules fines et distinguées. Que les pigeons n’entendent plus se faire plumer. Que les épiciers casher voient les grenades voler.  Les choses vont donc bon train. Dans le mur.

 

Mariage pour tous

« Le mariage pour tous » : quelle drôle de formule, au moment où de moins en moins de gens se marient. Est-ce une opération de propagande pro-natale ? Est-ce le résultat d’un lobbying effréné de Pronuptia et des Dragées Martial pour une baisse des impôts en cas de mariage dans l’année, pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une pièce montée ? Une campagne de grande cause ? Ce n’est hélas pas ça. Alors c’est quoi l’idée derrière ce concept mi-technocratique, mi-communautariste ? En fait, sous couvert de tolérance, d’ouverture et de « modernité », c’est la confiscation d’un principe quasi universel et vieux comme notre civilisation par un petit nombre, ici et maintenant.  Une réinterprétation tordue. On a parfaitement le droit de promouvoir le mariage homosexuel. Mais pourquoi passer par cette expression faussement cucul, vraiment totalitaire ? Pourquoi ne pas promettre aussi le bonheur pour tous ? Voire le décréter ! Dans le règne du prêt-à-penser et d’une écologie politique qui ressemble plus, chaque jour, à du lavage de cerveau, on peut s’attendre à tout.

 

Vivre ensemble

Dans l’ordre, aussi, du gentil-méchant : le « vivre ensemble » dont ils ont la bouche pleine (en théorie surtout, et surtout pour les autres) : et si on a envie de vivre n’importe quoi, mais pas avec n’importe qui ? Et si on a envie tout simplement de vivre libre? On est en république, non ? Oui, vivre en citoyen distinct des autres, mais citoyen partie prenante, dans cette république laïque qui ne devrait servir qu’à élever et s’élever et qui, avant qu’on la vide de ses lois fondamentales pour en ajouter d’autres, idiotes, superflues, complaisantes, permettait merveilleusement de vivre ensemble, de réussir ensemble, de se battre ensemble, de se foutre sur la gueule ensemble. Quand, peuple de Jourdains, on était ensemble sans le savoir, par delà les classes sociales et les clivages politiques.

 

Se venger sur la société

Lorsqu’on n’a plus aucune marge de manœuvre sur les grandes questions, aucune prise sur les grands événements, on s’attaque à ce qui, en apparence, ne mange pas de pain : la société, cette pâte si facile à triturer. Mais pas n’importe laquelle : la société française, déjà confite en repentances en tous genres et en auto-flagellation, déjà ébranlée par 40 ans d’expérimentations hasardeuses, de radotages, de rodomontades, de rééducation et de fausse rébellion, et pour finir d’arrogance imbécile. Une société qui a oublié qu’elle était un peuple. Allez demander aux Allemands de se repentir. Proposez aux Anglais d’abdiquer ce qu’ils sont, leur histoire, leur empire et leur conduite à gauche. Grattez les Italiens sur leur intelligence de la situation érigée en système. Vous verrez. Maintenant, écrabouillez la tronche d’un Français. Il est heureux de vous crier : « Encore ». On nous apprend tellement à nous détester ! Et il faudrait "vivre ensemble" avec autant de gens détestables...

 

Regrets

On regrette parfois le temps où ils s'opposaient, défilaient, astiquaient leurs élites, se lissaient les élytres pour aller bourdonner, vernisser leurs expos, ululer leurs indignations, brûler les icônes des autres. Un équilibre, en quelque sorte, face au professionnalisme d'en face, si répréhensible souvent, qui, en ne niant jamais la réalité, se privait aussi de salutaires et roboratives utopies. Là, on est un peu cul par dessus tête...

 

Gattopardo

Burt.pngIl y a une époque où l’on pouvait encore la dire avec gourmandise, la belle phrase du vieux prince Salina."Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi!". Si nous voulons que rien ne change, faisons en sorte que tout change. Rassurez-vous : c’est trop tard. Ce serait trop horrible que rien de ce que nous sommes devenus ne change. Mais on peut quand même essayer de tout changer, pas pour que rien ne change, mais pour changer le changement. Marrant, ça, changer le changement. Pour redonner de la perspective, de la fierté, de l’envie, de l’esprit.  Refuser la fin de l’histoire béate, refuser la fin de l’histoire béante, ouverte sur le précipice. Revendiquer ce que l’on est, depuis longtemps, et pour longtemps. Je sais, ça suppose un très, très gros changement de changement. Et, en dehors d'écrire ce blog à la portée somme toute moyenne, je ne sais pas par quoi commencer.


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AlexM 09/01/2013 14:25


Cher Vincent,


 


Sauf erreur de ma part la phrase du Guépard (que j'ai relu récemment) est de Tancrède, le jeune neveu, et non du vieux prince. Merci de la version originale en italien.


 


 


A.M.

Vincent Schlegel 09/01/2013 15:12



Vérification faite, tu as tout à fait raison. Et ça me plaît. Parce qu'on ne peut pas dire que c'est l'idée d'un  vieux con, mais celle d'un jeune homme fougueux, au champ de conscience
large, qui sait ce que l'on peut trouver au fond de soi, dans ce qu'on est est et ce qu'on a été. En un mot "restaurer" comme on restaure nos fichus ordinateurs (logiciels et contenus) pour leur
redonner de l'agilité, de la puissance, de la vitesse, et être prêts à accueillir toutes les mises à jour du monde...



Emmanuel Pleintel 09/10/2012 14:12





Il y a, dans le coin en bas, cette formule terrorisante, « écrire un commentaire »... On se pose alors la question de savoir si l’infinitif est plus autoritaire que l’impératif... On
bascule de l’un à l’autre, un peu comme pour ces images qui propose des illusions d’optiques... On y va ? On n’y va pas ? Puis on a peur... Oser un commentaire... Être à la hauteur de
la chose à commenter... Commenter Vincent Schlegel ? Non, impossible... On admire, c’est tout... On se dit, certes, il a raison... Mais si on écrit simplement « certes il a
raison », pour répondre à l’invitation - à l’ordre -, on va se faire retoquer par le modérateur... Et là, c’est la honte assurée... « Non, mon p’tit bonhomme », ton commentaire il
est pas à la hauteur »... C’est vrai, m’enfin tout de même, c’est désastreux pour un ego, surtout si c’est le mien... La seconde solution consiste à ne pas répondre... Mais la dernière
phrase invite à une réponse... On ne peut pas laisser Vincent comme ça, tourner tout seul en rond, ne sachant pas par quoi commencer... Alors on plonge... On plonge sur l’onglet que l’on clique
la peur au ventre... Parce qu’il faut y aller... parce qu’il ne faut pas abandonner, ne pas l’abandonner... Essayer de dire... Mais dans ce monde où le dire proémine et disculpe, que dire ?
Il suffit maintenant d’affirmer qu’un enfant est le fruit d’un homme et d’une femme pour immédiatement être un suppôt d’marine... Il a raison ce Vincent ! On ne sait plus par quel bout le
prendre, ce monde... Mais on va y arriver... A nos âges, on a de la ressource... Si si, c’est vrai... Allez, à bientôt ! Emmanuel


P.S. Tiens, j’ai relu ce poème que j’avais déjà lu... Celui qui se trouve juste en dessous du « écrire un commentaire »... Vraiment superbe... Moi je trouve que c’est tout de même un
sacré moyen de commencer... Parce que jamais les autres ils ne sauront commencer comme ça...

Vincent Schlegel 09/10/2012 15:48



Cet homme-là est mon ami. Et de ces hommes là, il en faudrait pour changer le changement, comme ça, mine de rien, l'air de ne pas y toucher. A condition qu'il ne soit pas dans sa cuisine occupé à
trousser une canette, assis à son piano à titiller Satie, la barre en main, calé au bon plein, slurpant une huître en vue de Saint-Vaast-la-Hougue ou de Guernesey. Ce qui lui laisse effectivement
peu de temps pour changer le changement.