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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

L’AMAS DE DELON VIENT NOUS SERVIR À VOIR

Publié le 6 Janvier 2012 par Vincent Schlegel

 

Je suis d’humeur guillerette. D’où ce titre dont je n’ai pas honte. Tous ces Delon viennent nous servir à voir quoi ? Eh bien, en même temps, ces jours-ci, à mieux voir l’Eau sauvage de Dior et les lunettes Krys.

 

Arrêtons-nous sur chacune des campagnes.

delon_dior.jpgL’Eau sauvage est immortelle. Elle surgit de son flacon torsadé depuis 1966, répandant autour de cous auxquels tant de jolies femmes se sont pendues, de frais effluves de jasmin, de citron, de romarin, de basilic et de vétiver. Après le vrai inconnu tête baissée dans ses bras croisés, sortant de son bain, après les faux inconnus mi-masqués par un col roulé (Zidane, Corto Maltese ou Largo Winch), c’est Delon qui est invité dans le concert parfumé. Un Delon magnifique, dans la magie de son physique et le secret de son regard, photographié en … 1966 par Jean-Marie Périer. Impeccable égérie, pour une lovemark qui n’a plus à prouver quoi que ce soit. 

  

La chaîne d’optique Krys, depuis une paire d’années, développe avec l’Agence H, une (jusqu’ici) excellente campagne montrant des gens possédant uneIMG 3026 caractéristique physique ou un trait de caractère particulier puissamment évoqué ou suggéré, que les lunettes Krys gomment,  font passer au second plan. Le leitmotiv, c’est : « Avant j’étais ... » (chauve, blonde, timide, etc.) ou « Avant j’avais… » (de grandes oreilles, une grande bouche, etc.). Là, c’est Delon avec des lunettes Krys. Et c’est quoi le caractère qui distingue Delon ? C’est d’être Delon. Donc … « Avant, il était Alain  Delon ». Petite faute de goût, vous ne trouvez pas ? Krys gomme Delon, Krys fait oublier Delon. 

 

Le problème est amplifié par la concomitance des deux campagnes mais aussi par le fait qu’elles utilisent le même média, l’affichage urbain haut de gamme de Decaux : autant le Delon de l’Eau sauvage est immortel, intemporel, autant le Delon de Krys est vieux, ramenard, avec un sourire de faux témoin. Je ne suis pas sûr que ça serve Krys. « Avant, il était Alain Delon ». Bah oui, mon vieux, avant, il était Alain Delon. Avant.

 


 

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Commenter cet article

Emmanuel Pleintel 14/01/2012 07:39


Je viens de regarder le film... Hélène a raison! Mais je trouve l'affiche de plus en plus moche et insignifiante à force de la regarder... De même que je trouvais pas beaux ces contrôleurs
d'opérette... Delon, c'est une étincelle, pas un sparadrap... La SNCF c'est une comète, pas un comice agricole...

Vincent Schlegel 14/01/2012 09:11



Là, respect pour ton analyse. Encore que,  regarde j'en parlais ici  , la campagne SNCF était quand même très
bien.



Emmanuel Pleintel 14/01/2012 07:34


Puisque je suis maintenant au centre de cette campagne Krys, associé à Maître Cantor, je me permets de présenter l'idée que j'ai eue l'autre jour en voyant pour la nième fois cette affreuse
affiche que je trouve insignifiante puisque je suis Afflelou (Tout en étant Emmanuel Pleintel, bien qu'à une certaine époque, j'étais un peu Estelle Schlegel... Le rêve...)... je me suis dit que
pour faire des économies d'échelle, on pourrait partager cette affiche avec celle d'une affreuse campagne antérieure en affublant ce pauvre quidam Delon d'une casquette couleur aubergine... On
mettrait en haut de l'affiche "Avant j'étais Delon", et en bas, "avant, j'étais à la SNCF"... ça marcherait aussi...

Vincent Schlegel 14/01/2012 09:08



Mais enfin, Emmanuel, réduire par deux les investissements publicitaires en associant deux marques à une campagne va contre les intérêts de tous ! Et surtout ceux
des agences de publicité. Décidément, tu ne comprends rien aux affaires ....



estelle schlegel 10/01/2012 10:05


Là où ça se corse, c'est que moi aussi, avant, j'étais Emmanuel Pleintel... c'est là que le théorème de Maître Cantor (sur la non-dénombrabilité des bières réelles) prend sa valeur abyssale.
perso, je trouve la campagne krys remarquable jusqu'à et y compris l'intervention du tragique Delon qui viendrait à resipiscence après une longue carrière de faiseur ! ce que je ne crois pas mais
que, si j'étais politiquement correcte, j'aimerais croire. On est donc bien dans l'essence de la campagne. quant à l'effet produit par la concommitance des images, effectivement ça fait
disjoncter. mais bon, la jeunesse n'est pas une vertu cardinale mais juste un petit moment de la vie. je me sens plus Estelle Schlegel que jamais en fait !

Vincent Schlegel 10/01/2012 10:16



C'est vrai qu'à un moment de sa vie, particulièrement heureux, serein, créatif, distancié, on a tous été un peu Emmanuel Pleintel. A force de vous lire, ici ou sur Facebook, à propos de cete
histoire de Delon, je commence à voir (avec mes lunettes Lafont) s'insinuer un doute. Ton histoire de résipiscence correspond assez à ce que mes amis publicitaires auraient entrevu. Bon. Nul
n'est parfait.



Alexandre Moatti 09/01/2012 15:20


Oui tu as raison la combinaison des deux, çà le fait pas. En maths, "l"argument diagonal" çà fait toujours disjoncter.

Vincent Schlegel 09/01/2012 15:24



Si tu le dis...



hélène Carles 09/01/2012 11:04


pas d'ac, Vincent.


Très belle campagne sourire en coin sur le fait que delon ne se prend pas (plus) au sérieux.


Le film est tout en finesse, Delon y est prodigieux de présence et d'humour sur lui-même, ça le sert bien plus qu'Eau Sauvage, un Delon juvénile mort depuis longtemps.


Déclinaison pertinente et magistralement exécutée de la campagne n°1 de Krys pour moi.


Et tu ne nous dis rien du film. Il fait partie de la com et ne parler que de l'affichage, c'est un peu la trahir.


bien à toi

Vincent Schlegel 09/01/2012 11:11



Tu as sûrement raison, Hélène. Ma courte vue s'est satisfaite, alors que je sortais du métro Gaité, avenue du Maine, de tomber presque au même moment, sur les deux visuels. Et là, c'est
saisissant. Et la mise en perspective, vertigineuse. Olivia van Hoegarden m'a fait le même commentaire que toi... Delon aurait vraiement changé. J'ai manqué cet épisode. C'est vrai qu'avec cette
info en plus, le paradigme Delon n'est plus tout à fait le même.