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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

SE TUER, MAIS BIO

Publié le 9 Septembre 2010 par Vincent Schlegel in Rage

 

 

Hier, dans une réunion sur le développement durable,  j’ai eu une idée. Je ne suis plus fumeur depuis 24 ans (pas une taf, rien qui se fume : la photo du jeune homme en frontispice n’est que vieux souvenir bravache, illusion, poudre aux yeux, écran de fumée), et pourtant comme je suis soucieux du bonheur des autres, je me suis demandé pourquoi il n’existait pas de cigarette bio.

tabacs-autres-champs-fruges-france-9012872577-882106.jpgTabac bio, poussé sans amendement de synthèse dans des beaux champs vertueux… Cultivé friendly par des paysans confiants dans la prodigalité de leur terre, conseillés par des ligues barbichues vaguement faucheuses et illuminées. Papier pauvre comme Job en chlore, saletés de phosphate, nitrate, tartate, carbonate. Fibres qui se consument en toute innocuité tant elles sont dépourvues de malice.

Je dis ça pour mes amis, frères, sœurs, prochains, fumeurs inextinguibles qui se tuent par ailleurs à courir les légumes bio, le lait bio, la viande bio, le saumon bio, les vêtements en coton bio. Il y aurait une vraie logique dans leur consommation !

Voici un petit choc qui dessine assez bien les contradictions dans lesquelles nous sommes, un oxymore comportemental. Un moment de l’histoire de l’Occident où la liberté de se détruire se collette avec l’obligation de vivre le plus longtemps possible, bien comme il faut, sans creuser, par ricochet, le trou de la Sécu.

 

Maintenant, regardez comme c’est drôle : prenez une autre drogue dure comvignes1.gifme le vin. Eh bien en France, où l’on a décidé que boire trois verres de vin par jour est une très, très bonne idée mais que fumer une seule cigarette pouvait tuer,  et où l’on a encore, bon an mal an 100 000 exploitations viticoles générant un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros, oui, qu’est ce qu’on peut trouver en France : du vin bio. Hé, hé.

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bio blond 13/09/2010 17:30



Je pense que si Brassens, un beau matin ridicule, avait eu vent d'un tabac bio, il aurait franchement souri derrière sa moustache, bourré sa bonne vieille tête de pipe de gros gris qui râpe. En
compagnie de  ses deux ou trois éternels copains de Montparno, il aurait peut-être imaginé la "mention obligatoire" à imprimer, sur les paquets de clopes, en très gros caractères très gras
:"Attention ! Fumer bio rend con".
Dans un vrai nuage de fumée et en buvant deux ou trois canons de gros bleu qui tâche ils jurèrent que jamais les litres de Vin du Postillon ou bien-même des Rochers ne seraient bio, et ils eurent
raison...



Vincent Schlegel 13/09/2010 17:54



Avec Bio Blond, c'est pas le pays réel qui parle, par hasard ?