Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

FRANCHEMENT, IL Y A DES TRUCS QUI ME GRATTENT…

Publié le 22 Janvier 2011 par Vincent Schlegel in Rage

 

 

Célébrer le cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline.

Tombe-celine.jpgCéline n’est pas quelqu’un qu’on célèbre. Céline n’est pas un type sympathique. Ce n’est pas quelqu’un qui rassemble, quelqu’un qui nous aime, quelqu’un qu’on aurait aimé connaître, pour peu que l’on eût été, au choix, ou à la fois, français, juif, alcoolique, amoureux de la vie, amateur de cinéma,  heureux, bourgeois, honnête. Il faut être d’une très petite confrérie pour vouloir qu’on le célébre comme homme, puisqu’il s’agit des cinquante ans de sa mort. De la mort de sa vraie chair, de ses vrais os, de ce corps dont il nous a raconté les misères. C’est une blague, je me fous de sa mort.

Je suis un bon spécialiste de Céline. Plutôt très bon. Je trouve qu’il y a trop de gens qui l’aiment, de plus en plus. Par imitation, mimétisme, snobisme, imbécillité. Par masochisme, lâcheté, faux courage.

J’entends ceux qui disent : Céline est un immense écrivain, il a révolutionné le roman français. Tu parles : qu’a-t-il changé à la diarrhée éditoriale française, a-t-il empêché que 500 manuscrits indigents trouvent un éditeur chaque année. Djian vend des livres, Musso, Lévy ( Bernard-Henri, Marc) aussi. Personne n’a jamais su écrire comme Céline, il n’a servi à rien. Sa petite musique n’a inspiré personne. D’autres : « C’est un classique ». Mes fesses, un classique. On ne va quand même pas le ravaler au rang de Boris Vian, l’authentique classique que s’est découvert le 20ème siècle.

Célébrer le cinquantenaire de sa mort, c’est le reconnaître après qu'il eut produit son œuvre, ayant vécu, ayant été ce vrai salaud. Ayant été ce qu’il a été. Attendons 2094 pour fêter les 200 ans de sa naissance. Fêter ce qu’il aurait pu être.

Le seul honnête, dans tout cela, c’est Serge Klarsfeld. Il ne veut pas que Céline figure dans la liste des célébrés de 2011. Il n'en démord pas. Il n’en veut pas. Il a raison.

Céline est quelqu’un qu’on ne célèbre pas. Que l’on ne peut pas aimer quand on le lit. Que l’on ne peut pas plaindre, lui qui se plaint tant. C'est quelqu'un vers qui vous n'avez pas de mouvement. C'est quelqu’un qui vous investit, seulement, vous possède, vous assèche. Vous berne, vous nique.Vous emmène.

 

 

Un autre grattage : Les boutons, la guerre,  version 2011.

On va tourner un  remake de « La Guerre des Boutons », cette adaptation du livre de Louis Pergaud paru enla-guerre-des-boutons.jpg 1912. Mais qu’est-ce que va bien pouvoir être la version 2011 de « La Guerre des Boutons »?  J’ai revu, il y a peu, le film (pas culte, on arrête) d’Yves Robert sorti en 1962. Une histoire de gamins farceurs et normalement sadiques tout à fait acceptable il y a 50 ans. Laissez faire à des enfants le quart de ce que faisaient les protagonistes de l’histoire, vous êtes directement poursuivi par toutes les ligues, renvoyé en correctionnelle, privé de votre progéniture. En fait, cette vraie enfance, une enfance d’expérience, de cruauté, de tendresse, d’ingénuité, d’imaginaire, de liberté, est une enfance perdue. La mienne. En 2011, quel nouveau héros va-t-on inventer, en plus de Le Brac et de P'tit Gibus, pour faire passer la pilule, pour rendre l’histoire correcte, quelle épice ? Comment va-t-on tenter de rattacher à notre regrettable époque cette histoire marrante pour la rendre acceptable. Pour concurrencer «  Neuilly, sa mère »,  « Les beaux gosses » et le sinistre « Entre les murs », dans la course à la complaisance ?

 

 

 

Commenter cet article

estelle 24/01/2011 16:49



Je partage ce point de vue sur Les Beaux Gosses que j'ai trouvé assez juste, à cela près, précisément, qu'ils sont trop laids... la charge est forte.


sur la célébration de la naissance de Céline, je serais ravie qu'il n'y ait rien d'officiel. ce serait décidément n'importe quoi ! cette sirupeuse obligation d'aimer est devenue absolument
odieuse... qu'est-ce qui a fait changer Mitterand d'avis ? j'imagine qu'il a dû subir des pressions de différents lobbies de gens qui ont de bonnes raisons de le détester. cela dit,
Céline reste un écrivain assez méconnu et il pourrait trouver encore bien des lecteurs. enfin, je me demande ce qu'une "primo-lecture" par quelqu'un de, par exemple 25 ans,
aujourd'hui, pourrait bien donner ! 



agapanthe 24/01/2011 16:37



ahhhhhhhhhhhhhh ! j'attendais bien ce papier de votre part. vous avez du bol finalement puisque Frédéric Mittérand soi-même renonce à l'hommage ! quelle idée lui avait bien traversé la tête !
mettez vous à la place des afficionados de jean genêt (ce qui n'est pas mon cas), autre salaud notoire (et gravement pire !) qui ont vu toute l'année 2010 qui célébrait le
centenaire de sa naissance, s'égrener le pire et le meilleur. Et même le meilleur les a affreusement énervés puisque, trahison, d'autres s'emparaient de l'aimé, le possédait, le disséquaient,
l'aimaient à leur manière, quelle horreur... mais je suis de votre avis : qu'on leur foute la paix. arrêtons de célébrer. ou lors de menues célébrations intimes. soyons des spécialistes dans
nos coins respectifs, jouissons de nos lectures bien à l'abri et que ceux qui veulent jouir, lisent ! et pis c tout ! cela dit, ah ah ! vous n'échapperez pas à 1001 émissions sur france cul, à un
dosssier dans Lire, à des tas de commentaires dans les émissions de télé tard le soir, voire même à une ou deux nouvelles biographies... bons grincements de dents Vincent ! (on peut encore
présenter ses voeux le 24 janvier, non ?)



schlegel 23/01/2011 20:01



Pas d'accord avec toi sur "Les Beaux Gosses". Aucune complaisance dans ce film. ils sont tous laids, comme on est laid à 14 ans, boutonneux, mal sapés. Aucun des tiens n'y trouvera ouvertement
d'identification, sauf dans leur fort intérieur, dans ce qui pue chez eux. Ceux du film n'ont pas de portables, se branlent en regardant les pages lingerie de La Redoute, portent des shandails en
jacquard comme plus personne n'en produit. Les filles sont assez vilaines aussi, mal à l'aise, moites, elles ont mal au ventre quand elles ont leurs règles, elles sont contentes de se faire
draguer par des nabots plutôt que par personne, elles mélangent leurs appareils dentaires à ceux des garçons qui les embrassent. C'est un film universel sur l'adolescence dans ce qu'elle a de
chaud, de con, de boutonneux, de suant...Un très bon film qui nous fait rire jaune.


imagine donc que le remake de la guerre des boutons soit dans cette veine !