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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

ÊTRE ET AVOIR ÉTÉ

Publié le 8 Janvier 2012 par Vincent Schlegel

 

Mes amis sur Facebook ont pu, vendredi dernier, découvrir la facétie détournante que m’a adressée mon ami Grégoire de Gaulle, graphiste et photographe de grand talent (allez voir son travail ici).


Comme j’avais allumé dans mon article précédent un Delon un peu Kryspant, Grégoire a eu l'idée de cette autre adaptation de la pub de la chaîne d’optique. Unknown

Résultat : au delà d'un questionnement sur la qualité de vision du candidat, je crois que c’est toute la campagne de François Hollande qui est résumée dans ce visuel. Il y a la posture, la volonté de se transformer, de littéralement se transfigurer , d’être un autre pour devenir cet homme dont le destin rencontre le peuple et se confond pour un temps avec l'histoire de France, comme le suppose l’élection du président de la République au suffrage universel. Mais le  regard est inquiet, intranquille, l’air de ne plus être qui on est vraiment. Une épaisseur disparue. L'envie d'être tellement un autre que Madame Michu se demande qui croire : celui-ci, ou celui d’avant.

« Avant, il était François Hollande ». Comme pour Delon, l’application de la formule au candidat socialiste est saisissante.  On aurait envie d’ajouter, « Avant, il était le François Hollande ». Le vrai. Vous savez, ce monsieur tout en rondeur,  gourmand au propre et au figuré, exceptionnellement talentueux pour le commentaire et la formule qui fait mouche. Un artiste politique qui vous marie, à coup de finesse et d’arguties, l’eau et le feu, et concilie les inconciliables courants d’un PS écartelé. Pour moi, un des esprits les plus vifs de la politique : le seul capable de se transformer en magnifique humoriste de stand up.

Il faut lire le bon récit de Dan Franck, dans Télérama du 4 janvier, qui raconte un voyage de Hollande, par le train, au Creusot et qui marque bien à quel point la mutation de Hollande est difficile, voire contre-nature. Il redeviendrait bien le bon copain blagueur et débonnaire des journalistes. Valls sans hésitation l'en empêche.  Car  voilà. "Il faut que le regard des autres change" dit Franck. "Il ne veut  plus (que ses amis) lui parlent comme avant". Et, comble de la difficulté, il veut devenir un autre "qui serait à la fois lui-même avant et lui-même après". Peut-être le spécialiste des synthèses qu'il est y arrivera-t-il. Mais l'expérimentaton sur soi est toujours plus difficile que sur les autres.

Revenons pour finir à son adversaire. Sarkozy a eu beau maigrir, essayer de changer, d’apparaître différent (« endosser les habits présidentiels »), on sait que « le » Sarkozy est resté le même. Et s’il devait être réélu, ce ne sera pas pour sa transformation dont, je crois, n’ont rien à faire ses partisans, ou ceux dont les suffrages lui sont utiles.

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estelle schlegel 10/01/2012 10:38


alors disons le "grand théâtre", ce qui a une connotation plus neutre, avec un soupçon de vrai plaisir ! mais tu as raison, je ne suis pas d'un grand optimisme, en tout cas, sur la question.

estelle schlegel 10/01/2012 10:30


non. on "aurait découvert" depuis l'élection de 2007 ! donc maintenant on sait... après effectivement chacun y voit ce qu'il veut. de toute façon, les campagnes présidentielles nous montrent la
plupart du temps des marionnettes configurées, plus ou moins bidouillées aussi peu crédibles qu'il est possible. c'est le bal costumé de la démocratie ! non ?

Vincent Schlegel 10/01/2012 10:32



Tu es bien pessimiste.



estelle schlegel 10/01/2012 10:20


Du formidable Grégoire ! Bon, c'est vrai qu'on se demande un peu où es passé le François Hollande dont on se demandait toujours ce qu'il allait pouvoir inventer ou comment il allait s'en
tirer et qui m'amusait beaucoup. Remarquez, il m'amuse encore car je me demande à chacune de ses apparitions comment il va parvenir à claquer le museau du bon François qui est en lui avant
que celui-ci n'échappe à son savant contrôle comme un diable d'une boite. Quant à Sarkozy, j'ai envie d'inverser la proposition en nous remettant dans la situation de 2007 et de faire une affiche
où on lirait "Après, je serai Nicolas Sarkozy"...

Vincent Schlegel 10/01/2012 10:25



Après, je serai Nicolas Sarkozy ? Il nous aurait caché qui il est, et maintenant, on découvrirait le bon ? Enfin, le bon... le vrai ? C'est bien, chacun peut perde, ou reprendre espoir. C'est
l'auberge espagnole, ton truc.