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Il y a parti à prendre, partout, sur tout. Il y a avis à donner, opinion à dire, tripes à mettre sur la table. Exprimer sa liberté.

LES VIEUX TRUCS

Publié le 11 Novembre 2009 par Vincent Schlegel in Amour

Il en traîne, dans notre bouche ou dans nos têtes, de ces expressions datées, de ces vieux rogatons de délices d'autrefois qui ont résisté, par poésie, par paresse ou par bêtise.


Je ne suis pas Madame Soleil

L’autre jour, à une question qu'on lui posait sur ce qui allait se produire dans son parti, j’entendis un jeune homme politique, donc un quinquagénaire, répondre  : « Je ne suis pas Madame Soleil ! ». Il avait entendu parler de cette dame dans sa jeunesse, et crut donc que c’était une réponse appropriée. Ce n’est pas la première fois que j’entends un politique invoquer cette pittoresque pythie. Madame Soleil ! Pour ce genre de gens, ces énarques (mais qui se soignent), ces gens au contact « du terrain », bien dans leur époque, répondre « Je ne suis pas Madame Soleil », c’est être « in ». C’est être proche du peuple. Comme lorsqu’ils reprochent à certain(e)s de leurs semblables de ne pas « jouer collectif ». Le vocabulaire sportif : ce merveilleux moyen de se faire comprendre de ces millions de crétins ! Pour info, Madame Soleil, née Germaine Soleil (si, si !) a cessé d’officier sur Europe 1 en 1993. Et elle est morte en 1996.

 

Dans les bacs

Vous vous souvenez, les bacs, chez les disquaires, pour ranger bien comme il faut les 33 et les 45 tours. Vous vous souvenez, les vendeurs de la Fnac, avec leur queue de cheval.  A l’heure d’Hadopi, de Deezer, voire du maintenant daté peer-to-peer, les « bacs » ne doivent pas signifier grand’ chose pour  la génération qui bouffe de la musique.

Et pourtant, on continue à fêter l’arrivée « dans les bacs » des nouveaux albums des groupes d’aujourd’hui. Un joli truc, en définitive qui survalorise l’événement, qui le remet dans un genre de réalité, l’éloigne de la virtualité digitale, même si le public à qui on s’adresse n’achètera probablement jamais le disque en question. Disque ? Oui, ça s’appelle encore comme ça.

 



2000

Sport 2000, Optic 2000, Natura 2000 : ils sont encore quelques rescapés de la famille 2000. Dans cette famille, seul le prénom changeait mais tous avançaient pleins d’espoir, pleins de promesse et de rêves. Ah, la belle famille ! Surgie dans notre vie de consommateurs dans les années 70-80, quand la perspective du grand franchissement servait de vision ultime. Quand on était à la veille du grand saut, un saut dans l’inconnu dont ces petits malins vous laissaient croire qu’ils avaient une idée. Je me souviens d’un Loudun 2000 qui vendait je-ne-sais-quoi mais qui projetait dans un futur étincelant la bourgade éponyme de la Vienne. Ces trucs qui s’appellent encore 2000 résisteront-ils longtemps ? Mais oui, Vincent, ne fais pas ton pisse-vinaigre : que dirais-tu d’un Latour 2000 ou d’un Cheval-Blanc 2000 ?

 

Gordini

Renault va lancer, dans un avenir proche, une Twingo et une Clio Gordini. Comme la R8 du même nom. Ca sent le supercarburant, les moteurs 1093 pétaradants, les Weber double-corps. Vas-y Jacky! Gordini ! Ca sent la course de côte au milieu de nulle part, les mécanos-pilotes à bacchantes tombantes et banane huileuse. Les spectatrices énamourées en manteau d'agneau retourné. Ca ne sent pas la Twingo, ça ne sent pas la Clio. Pourquoi n'ont-ils pas, plutôt, ressucité l'onctueuse marque Alpine ? Ils ont imploré les mânes d'Amédée Gordini, ce vieux sorcier, comme Fiat a convoqué celles de Carlo Abarth, ce vieux gourou. Mais la 500 de Fiat, siglée Abarth, a un véritable ADN compatible.

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Estelle 16/11/2009 15:24



La nostalgie est toujours gaie. C’est un tour de magie qui fait prendre du plaisir deux fois ! De nombreux idiots pensent que c’est affaire de vieux. Ils sont
idiots, ces idiots, puisqu’il n’y a qu’à regarder les petits enfants se pâmer de bonheur en évoquant ensemble le monde peuplé de merveille de leurs plus jeunes années. « Tu t’rappelles quand
on… » …Suivent les réminiscences, poudrées par le temps minuscule qui les sépare du fait d’un halo de dorure mousseuse et jubilatoire. La nostalgie, c’est ce halo de dorure mousseuse et
jubilatoire. L’écume du souvenir…



Vincent Schlegel 16/11/2009 15:34


Allo? A-llo ? Y a quelqu'un ? Ah oui, je me souviens, maintenant que tu en parles.


bruno marlière 16/11/2009 09:19


Des visionnaires, ces pubards ! Il y a même mieux, souvenez-vous de SUPER CROIX 73 !
Je ne résiste pas ! Allez sur ce lien et Hop voyage dans le temps garanti...
http://www.ina.fr/pub/produits-d-entretien/video/PUB3212594096/super-croix-73-lessive.fr.htmlBattue la mère
Denis! C'était, la modernité des deux agents lavant des trente glorieuses (un pour le blanc un pour l'éclat...Si,si) face aux énormes battoirs de la vieille France
rurale de l'après guerre.
Les françaises de 73 en mini vélos, collants Dim, face aux ménagères empêtrées dans leurs élastiques, corsets, sacoches en cuirs et autres joyeusetés.
Merci à tous d'avoir évoqué ces années Gordini, où tout possesseur d'Ondine (j'ai appris a conduire sur celle de mon père...) se prenait pour un pilote de Rallye, où il était de bon
ton d'exhiber les quatre échappements chromés de sa quatre patte Honda ; les années P4 (les cloppes oui, oui !) où la musique pop allait nous amener en planant dans l'individualisme des
années 80 !


Vincent Schlegel 16/11/2009 09:26


Trop bien, Bruno.
Je me demande si je ne vais pas intituler ce blog : "La nostalgie ne sera jamais ce qu'elle pourrait être".


SCHLEGEL 15/11/2009 20:01


Mon copain Stan, qui tout comme moi, arborait de magnifiques bacchantes (bien vu l'auteur) était un des rares possesseurs non pas d'une R8, mais d'une Dauphine Gordini, qu'il pilotait avec plus ou
moins d'adresse. Moi, pauvre miteux, je ne conduisais qu'une Ondine, sorte de Dauphine ordinaire à quatre rapports. Je me rappelle qu'entre le passage d'Enfer et le Lion de Belfort, il parvenait à
me coller presque 100 m d'avance, dans ses meilleurs jours (choses rare), ou bien alors, sa Gordini s'éteignait dans une étrange fumée et une odeur d'huile, peut-être de ricin, provoquant sa
presque fureur et ma totale hilarité de jeune faux pilote. Epoque.
Si la chanson de Voulzy avait alors existé ces années-là, nous avions déjà inventé notre "bande à Jimmy" car "ça roulait déjà pas mal autour du baby", au Raspail Vert.
Mais caché derrière les bacs "le pov' Jimmy s'est fait piquer chez l'disquaire, c'est dingue, avec un single des Stones caché sous ses fringues".
Années 60, pavés mouillés, Raspail, les clous brillants qui glissent, Saint Michel, Denfert, soir, Jimmy, Stan, passé, Gordini, Stones, amour, folie, "un truc qum'colle encore au cœur et au corps".
Yeah, Yeah, Yeah ! Fin.


Vincent Schlegel 15/11/2009 22:41


Je m'en souviens, de l'Ondine... Et le Raspail Vert, je le vois tous les jours, toujours vert. C'est un beau texte, mon Yaye.


Estelle 13/11/2009 17:06


Du neuf avec du vieux et puis du nouveau aussi... non, ma transition n'est pas bonne, tant pis ! je ne sais pas si ça se fait de changer de sujet sur le blog de quelqu'un d'autre (je n'ai qu'à en
faire un, de blog !), mais j'ai trouvé dans le Nouvel Obs de je ne sais plus quand un article incroyable qui s'amuse à raconter que Céline a secrètement inspiré les 35h ! Pour preuve dans "De Beaux
Draps", ceci : "S'il m'est permis de risquer un mot d'expérience, sur le tas, et puis de médecin aussi, des annés, un peu partout sous les latitudes, il me semble à tout bien peser que 35h
c'est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique." Marrant, non ?


Vincent Schlegel 13/11/2009 18:44


En matière sociale, c'était un visionnaire. Mais mauvais. Pas, Martine ?


lami 11/11/2009 14:37


2 posts sur optic 2000!  trop fort

boudin 2000 


Vincent Schlegel 11/11/2009 14:40


Merde, je suis repéré.